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Profession : Cytologiste

Une analyse systématique pour détecter le cancer !

L’objectif principal de l’analyse cytologique est de signaler la présence de toute lésion atypique ou néoplasique sur un échantillon prélevé sur le corps humain. C’est un travail d’observation perspicace pour identifier au microscope les cellules atypiques ou suspectes reliées à la présence d’un cancer chez un patient donné.

Le laboratoire de cytologie reçoit régulièrement chaque jour de nombreuses demandes d’analyse d’échantillons provenant de toutes les régions du corps humain. La gynécologie tient la place d’honneur bien sûr mais, depuis l’avènement de l’endoscopie et des autres techniques de prélèvement assisté en radiologie, on recherche maintenant des cancers et des pathologies d’origines fort diverses. Si les prélèvements gynécologiques proviennent surtout des cliniques médicales privées dans un effort constant de dépistage du cancer du col utérin, les échantillons non-gynécologiques sont prélevés par les spécialistes des centres hospitaliers qui veulent éliminer la possibilité d’un cancer chez un patient montrant un nodule, une masse ou tout autre symptôme suspect. Le cytologiste doit posséder une connaissance précise de la morphologie normale et pathologique des systèmes pulmonaire, urogénital, gastrique, mammaire tout comme celle des liquides biologiques ou des organes internes pour lesquels une cytoponction de matériel cellulaire peut mettre à jour une lésion néoplasique. Dans le fond, la chasse au cancer, c’est le travail de toute une équipe de professionnels déterminés à le détecter le plus tôt possible afin de mettre tout en œuvre pour le soigner.

La profession de cytologiste suppose une capacité de concentration, d’observation vigilante et un esprit de décision afin de diagnostiquer toute lésion anormale sur les frottis qui sont examinés minutieusement au microscope. Chaque jour, un volume de lames, réparties en gynécologie et non-gynécologie, est confié à un cytologiste pour que celui-ci en interprète le résultat et qu’il en complète le rapport lui-même avant de le confier à un pathologiste lorsque nécessaire. Chaque lame examinée au microscope est particulière et unique. Sur chacune, on retrouve des milliers de cellules colorées au Papanicolaou, une coloration trichromique mettant en évidence la spécificité du cytoplasme et la nature bénigne ou maligne du noyau. À travers les multiples éléments rencontrés sur le frottis examiné, le cytologiste interprète les indices morphologiques de lésion néoplasique et/ou de maladie pour finalement en établir un cytodiagnostic valable.

Que le résultat soit bénin ou malin demande sensiblement le même effort de recherche! S’il s’agit d’un résultat gynécologique bénin, le cytologiste complétera alors le rapport final et le signera sans que celui-ci soit revu par un pathologiste. Par contre, pour un résultat anormal ou malin, qu’il soit gynécologique ou non gynécologique, le cytologiste devra en plus prendre le temps d’interpréter les atypies cellulaires afin d’identifier la lésion en question avant de faire valider ce résultat par un pathologiste. Certains cancers se présentent parfois sous une forme mal différenciée ou peu commune. La complexité des lésions néoplasiques encourage la consultation entre cytologistes et/ou avec un pathologiste.

Même si l’analyse microscopique est au cœur des activités de la cytologie, cette étape analytique est entourée de nombreuses activités où le cytologiste est appelé à intervenir : enregistrement, cytopréparation et colorations techniques. Minutie et rigueur professionnelle tout au long du processus sont des gages de qualité pour l’interprétation microscopique. Comme les résultats d’analyses cytologiques sont des éléments diagnostiques pour chaque patient examiné, le laboratoire est tenu de conserver lames et rapports selon les délais et les modes de conservation prescrits légalement. Il faut donc s’assurer de bien classer les lames et les blocs cellulaires ayant servis à l’interprétation des résultats cytologiques. Plusieurs contrôles de qualité sont ainsi appliqués tout au long des étapes pré-analytiques, analytiques et post-analytiques afin d’évaluer et d’attester la qualité du service offert en cytologie.

La profession de cytologiste s’inscrit dans la séquence d’interventions professionnelles d’une équipe multidisciplinaire de services et de soins de santé. Le cytologiste travaille en collaboration tantôt avec les médecins, spécialistes ou cliniciens, et les infirmières, tantôt avec les pathologistes, les technologistes médicaux et les secrétaires. Il se retrouve au cœur de la détection du cancer par son activité assidue de dépistage microscopique, ses qualités professionnelles et sa formation scientifique.

Denise Vanasse.